Dans son exposé des motifs, le député du MoDem Olivier Falorni parle d’une loi « qu’attend une très grande majorité de nos concitoyens », mais l’étude que nous publions montre que cette majorité n’existe pas, et que, s’il en est une, elle est hostile à l’esprit de la proposition et à la plupart de ses dispositions. Les Français ne demandent pas la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté ; ils veulent que les pouvoirs publics assurent l’équipement de tout le pays en soins palliatifs, auxquels, aujourd’hui, la moitié de la population n’a pas accès.
L’opinion publique repousse la plupart des conditions du recours à l’euthanasie et au suicide assisté prévues dans la proposition de loi. On voit se manifester des oppositions majoritaires ou très majoritaires dans tous les groupes politiques et sociaux et sur la plupart des dispositions prévues par le texte.
Si l’opposition est partout, elle s’exprime avec plus de force chez les jeunes de moins de 35 ans, et souvent davantage chez les 18-24 ans ; elle s’exprime aussi chez les catholiques et les musulmans, de même que chez les répondants proches du monde de la gauche radicale, de Lutte ouvrière et du Nouveau Parti anticapitaliste (LO-NPA) ainsi que du parti La France insoumise (LFI) ; cette opposition plus marquée vient encore, à un niveau variable mais toujours très majoritaire, des proches des Républicains (LR) et de Reconquête.
Dominique Reynié,
Professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondapol
Auteur, entre autres, du Triomphe de l’opinion publique. L’espace public français du XVIe au XXe siècle (Odile Jacob, 1998), du Vertige social nationaliste. La gauche du Non (La Table ronde, 2005) et des Nouveaux Populismes (Pluriel, 2013). Il a également dirigé l’ouvrage Où va la démocratie ? (Plon, 2017) et Démocraties sous tensions (Fondation pour l’innovation politique, 2020), deux enquêtes internationales de la Fondation pour l’innovation politique.
Source : Fondapol
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